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Comment comprendre autrui ?

Quelle question stupide, hein ? Et pourtant je la pose. Je pourrais partir dans quelques banalités, dans quelques phrases décontextualisées, qui n’ont qu’un sens superficiel. "Il faut écouter autrui", dirais-je. "Chacun son opinion", affirmerai-je sans aller plus loin. Non ! Je préfère être plus clair, parler vraiment. Quitte à me casser la gueule parce que le sujet est difficile. Je suis mieux allongé, dégoulinant de sang, qu’à l’état de rien.

Alors, comment on fait, pour comprendre autrui. Tout d’abord il ne faut pas s’attacher à une raison, c’est-à-dire à "qui a raison". Dans la question le premier terme c’est comprendre. Avant de réfuter quoi que ce soit il faut donc cerner ce que dis autrui. Non pas en cerner la logique, savoir si ça se tient ou pas, mais cerner le raisonnement que peu avoir l’interlocuteur dans sa tête. Pourquoi dit-il ça ? Que pense-t-il, lui, dans sa tête, pour dire ça. Qu’est ce qui, à lui, apparait logique, et pourquoi. Puis-je par mes simples paroles détruire cette logique ? Si il s’avère que non il faudra faire preuve de moins de véhémence. Ne cherchez pas à tout prix à convaincre quelqu’un qui ne pourra pas être convaincu. Exposez simplement votre avis si vos points de vue sont trop divergents. Par exemple, un athée n’aura aucun intérêt à trop insister sur la non existence de Dieu face à un croyant, et vice versa. Si vous décidez cependant de le faire prenez bien conscience que vous ne convaincrez pas. Et tentez tout de même de saisir quelle réflexion peut mener à l’idée de votre interlocuteur. Non pas pour vous attribuer ses idées, être convaincu, mais simplement pour comprendre. Car c’est le fait de la compréhension qui est important.

On ne comprend pas forcément quelqu’un avec compassion. On n’est pas forcé, dans la compréhension, d’être neutre. Par exemple, moi, je n’aime pas trop cette passion nationale pour le foot, qui est débordante, et trop encombrante, et je peux à loisir déconsidérer celui qui saute de joie devant sa télé plusieurs fois par semaines car il y voit quelques joueurs marquer des buts sur un terrain vert avec un fond sonore d’acclamation toujours identique à mesure que les jours avancent. Cependant je saisis, je comprend, pourquoi ils sont tant intéressés par le foot, ce qu’ils y trouvent, et ce qu’ils trouvent dans l’exaltation physique de leur passion, devant leur télé. Vous saisissez ? La compréhension ce n’est pas naïvement la neutralité et dire : "D’accord, tu as un autre point de vue". Non, c’est dire : "J’ai compris ton point de vue, la raison de celui, son développement. Mais je ne l’aime toujours pas, moi je pense ça, et j’aime penser ça."

Car l’être humain est par essence avant tout centré sur lui. Il ne faut pas déconsidérer ses idées. C’est en les élevant, en ayant cette petite part de narcissisme – attention, je ne parle pas là d’un narcissisme débordant, mais d’un narcissisme personnel, intérieur, qu’on pourrait traduire par "considération pour soi" – qu’on développe sa pensée. Car si on a pas ça on ne peut pas prendre plaisir à développer ses propres idées.

Enfin comprendre autrui c’est aussi s’adapter. On s’adapte continuellement selon les gens qu’on fréquente. On ne se conduit pas de la même manière selon qu’on est avec des amis ou de la famille, par exemple. Il en est de même pour ce qui est de la compréhension. Comprendre autrui c’est aussi savoir s’adapter. On s’adapte selon ce qu’on a compris d’autrui.

Bref, voilà venir le point final. Ce petit essai réflexif n’est pas si raté que ça.

Tibaldo.

 
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Publié par le juin 23, 2012 dans Réflexions

 

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